Manque
Je ne l’attends pas.
Mais il s’invite,
S’installe,
Prend un verre
À ma santé.
Je suis son plat,
On ne sera quitte
Que si l’un de nous cale
Et se perd
Disqualifié.
Le manque
Me nargue
De sa planque,
Il largue
Des acides
Dans mes veines.
Il veut mes rênes
et se faire guide.
Et l’administration
légitime
Ses créations.
Il sublime
La consistance
Des abimes
Et des distances.
Il joue
Il ruse
Il s’enjoue
Il abuse
Il est en manque
De victime
Il me flanque
Une déprime.
Pourtant
C’est un perdant.
Je l’ai identifié.
Je l’ai pétrifié.
Mais il gardera sa place,
Jusqu’à ce qu’on l’efface.
Christine Fayolle