Le grand Travers

 

 

 

Si on franchit les canisses

Résistantes et opposées,

On entre en territoire

De lignes sauvages

Et intouchables.

 

 

 

Des horizontales hautes et bleues,

Et d’autres larges et orangées

Pour Ciel.

 

 

Une verte et transparente

S’avance et recule

À mes pieds

Suivie de ses multiples

Proches et lointaines

 

 

D’autres nombreuses jaunes et pointillistes

Fondationnent

Cet endroit

Jusqu’à celle, grossière de bois flotté.

 

 

 

Lignes inverses des habitudes humaines :

« Non, pas de fuyantes droit devant.

Ici on ne va pas plus loin, monsieur,

Pour cause de lignes en travers. »

 

 

 

 

Alors, on s’assoie pour atténuer nos verticales

Et, frémissant comme une herbe de dune,

On écoute le chant de nos perpendiculaires

D’eau , d’air et de roches en miettes,

On longe les longueurs,

On s’allonge soumis

À  l’ordre du paysage.

On s’aligne.

 

 

 

Et parfois, on partage des  yeux

L’écart insaisissable

De ces belles parallèles,

En inspirant plus fort,

En s’emplissant d’espace

Et en se soustrayant au temps.

 

 

 

 

Christine Fayolle