Grève littérale
Mes mots ne collent plus aux instantanés.
Ils deviennent inconsistants,
Impersistants,
Et morts nés.
Ils perdent leur matérialité,
Glissent en surface,
Ils passent
Sans rester.
Mon regard s’est fermé.
Le flou a germé.
Mon regard se planque
Et Voir, me manque.
Les mots ne construisent plus,
Font grève des chantiers
Revendiquent tout en entier
D’être librement écrits et lus.
Envie de leur architecture parfaite.
Envie de me repaitre de cette plénitude
Tiède et de leur cohésion.
Besoin de leur agitation
De leur frénésie et de leur complétude,
Besoin de leurs racines et de leurs grandes requêtes.
Ils mettront de l’ordre
Dans mon atelier sous crânien
Parmi les électriques tornades et les liens.
Ils seront désordre
Juste pour rire dans la lumière
Et faire voler les éclectiques poussières
Ils seront moi à nouveau
Reflets, échos, accords et désaccords
De mes pensées et du dehors
Ils n’auront de défauts
Que ma simple définition.
Ils joueront ma partition
Action.
Christine Fayolle