Dans le cube _ Max

 

 

 

" Je connais le cube.

Il a six grandes faces

Qui titubent.

 

 

C'est une préface

et c'est ma cellule.

Tout me bouscule.

 

 

 

J'y suis nu mais pas hanté.

Un coup s'écroule :

Un peu de sang prémédité.

 

 

 

Et la vraie vie déboule

Du plus profond de moi.

C'est un miroir où je me vois.

 

 

 

Eux ne voient rien que des murs,

Des 'politiques' et des 'communs'.

Eux, ceux de la dictature.

 

 

 

Il y a aussi des femmes et des gamins.

Et je regarde

Sans que rien ne farde

Ma vision.

 

Prions.

 

 

 

J'ai faim et soif et froid.

C'est leur psychologie

Et la mort est sous leurs doigts.

 

 

 

Et le cube réagit !

Il devient un trou en terre

D'où tous les ans on me déterre.

 

 

 

Puis il devient couloir,

Grilles, barreaux, évasions.

Il m'aveugle de noir,

Il m'épuise de rayons.

 

 

 

Et on fait la grève.

Parfois çà relève

A deux une grève.

 

 

 

 

 

Et il y a aussi la pitié,

La chaîne du courage,

Une lettre dans le soulier,

Une lettre qu'on partage

Parce que certains en manquent.

On invente des planques.

 

 

 

 

Je suis fidèle au pays

Mais fidèle au cube

Sans aucun délit.

 

 

 

Et  puis, fini le cube.

Dehors ils ont des preuves

Et les mariages font les veuves.

 

 

Le cube est libre.

Je l'étais bien déjà, en mon monde,

Et d'une liberté profonde.

Mais le cube est fibre

Et ne me lâche pas.

Il est encore là,

Au dedans cette fois.

 

 

Christine Fayolle